Hier

 

 

Quand le Verbe se compose aux temps du passé…

LANDÉVENNEC • UN LIEU PRESTIGIEUX

Sur la Presqu’île de Crozon, des moines au 5ème Siècle trouvent refuge pour fonder le premier monastère de Bretagne. Situé à égale distance de Brest et Quimper, Landévennec, avec ses ruines de l’ancienne abbaye, offre un cadre exceptionnel et idéal pour convier tous les publics à partager un événement artistique annuel, lié à son patrimoine historique et architectural.

Créé sous la direction d’Antoine Juliens en 2010, Verbe Sacré est un événement culturel lié au patrimoine architectural du Finistère. En sept ans, les spectacles totalement inédits ont réussi – par leur qualité, leur authenticité, leur ancrage dans un lieu d’exception qu’ils font revivre – à s’imposer comme une manifestation majeure dans la vie artistique du pays.

…demeurent en mémoire ces envoûtantes soirées au crépuscule de l’été, où viennent dialoguer des voix d’hommes qui ne se sont jamais rencontrés et qui, au cœur de ces pierres mystiques et avec les éléments célestes pour complices, nous parlent en témoins éveillés du sens et des mystères de notre condition humaine, atemporelle et universelle.

Supplément d’âme. « Voilà déjà quelques années qu’Antoine Juliens apporte ses rêveries poétiques et musicales dans notre humble part du monde. Tout a commencé lorsqu’il participait au festival de théâtre Louis Jouvet, avec  « Le procès de Jeanne d’Arc » d’après Rouen de Charles Péguy et « Hommage à Jean Giraudoux » d’après la correspondance de Jouvet et Giraudoux, à l’ancienne abbaye de Landévennec, en 1993. Et même si les pas de l’artiste l’ont maintes fois mené en Bretagne, il faut attendre 2010 pour qu’il se voie confier la création et la direction artistique du festival « Verbe Sacré ». Le succès est immédiat et en l’espace de quelques éditions, la septième cette année, l’événement fait partie des instants culturels où le plaisir et l’exigence fascinent et attirent un public chaque fois plus nombreux. » Malik Slimane – Le Buzhug (2016)


  • Avec GLOIRES & REPONS en 2010045

Verbe Sacré fut l’occasion de faire résonner des Psaumes dans l’enceinte de l’ancienne abbatiale pour la 1ère fois depuis la Révolution Française.


La première édition de Verbe Sacré ouvre sur une double mise en voix de Psaumes, en ode à Landévennec et à ses pierres.

Sur scène, l’acteur Antoine Juliens est accompagné du pianiste Michel Boédec et à la version percutée des silences et rythmes de « Gloires d’Henri Meschonnic » retentit en écho l’âme poétique de Paul Claudel avec un « Repons de Psaumes ».

Gloires d’après Henri Meschonnic
Repons d’après Paul Claudel

Mise en scène et interprétation par Antoine Juliens
Musique et interprétation au piano par Michel Boédec

du jeudi 9 au dimanche 12 septembre 2010

samedi 11 septembre
Musée de l’ancienne abbaye

Rencontre « Oralité Meschonnic – Claudel », avec Michel Brethenoux (Conférencier spécialiste de Paul Claudel), Eric Auzanneau (Philosophe)




 

  • Avec JONAS-EX-VOTO en 2011

Création d’un oratorio théâtral d’après Saint-Pol-Roux, Xavier Grall, Gilles Baudry et le Livre de Jonas selon la traduction d’Henri Meschonnic

Livret et mise en scène par Antoine Juliens

du jeudi 8 au samedi 10 septembre 2011

samedi 10 septembre, à l’abbaye St Guénolé
Table ronde « du symbole biblique à la réalité d’aujourd’hui / de la parole prophétique au message des ex-voto ».

Intervenants: Michel Brethenoux (Conférencier, spécialiste de Paul et Camille Claudel), Marie-Josette Le Han (Professeur de Lettres Modernes à l’Université de Brest), Yvon Tranvouez (Président d’Abati Landevenneg), Frère Gilles Baudry (Poète breton), Christian Roblin (Directeur de la SOFIA, Société Française des Intérêts des Auteurs de l’écrit) et Antoine Juliens.


Etait-ce là
ton mot de passe

demande l’un des trois poètes…

Du lien à l’Abbaye nouvelle, du site ancré en terre finistérienne et versant sur l’océan, Antoine Juliens a voulu nous mettre à l’écoute de ces hommes perdus en mer, de la mère soudain devenue garde secrète de leurs ultimes paroles.

De leur absence et par la voix des poètes, ils semblent vouloir encore léguer quelque message qui jaillit des gouffres, surfant sur les vagues de l’éternité pour être jusqu’à nous porté.


Avec:
Isabelle Maudet, la Femme
Antoine Juliens, l’Homme



Quelques extraits filmés des représentations de « Jonas-Ex-Voto »
(ruines de l’ancienne abbaye & église paroissiale Notre-Dame)

 

Avec DE L’OBSCUR À LA LUMIÈRE en 2012

IMAGE CONTRASTEE AFFICHE + FLYERNotre nuit commence en un sombre cachot de la Tolède du 15ème siècle, d’où émerge un cri de lumière, celui d’un Saint Jean de la Croix en prisonnier déchaussé, esseulé des hommes mais fort de sa foi pour les coeurs aimants. Sur son chemin, en d’autres temps troubles, surgit un passant incertain suivant les traces d’un Rainer Maria Rilke en résonance avec l’homme de misère et son verbe vocifère pour dulcifier la souffrance. Un ange leur apparaît en éclaireur du passage

 

  • Avec NEUF CENT TREIZE… INCENDIE en 2013

Nous remontons en l’an 913, quand la communauté monastique qui, depuis le Vème siècle, vivait sur la terre paisible de Landévennec, se retrouve brutalement contrainte de fuir le joug normand. Les Vikings, remontant le fleuve depuis Nantes et Angers, assiègent à la fin du IXème siècle, rivage après rivage, la Bretagne !

 » Neuf Cent Treize… INCENDIE « , d’après les prophéties et lamentations de Jérémie, les tragédies d’Eschyle et l’histoire de Bretagne.VISUEL création V.S. 2013

Destiné à commémorer l’incendie de l’abbaye au début du Xème siècle, le spectacle est une réflexion sur la violence qui ensanglantait le monde à l’époque d’Eschyle et de Jérémie, mais aussi sur celle qui s’abattit tragiquement sur Landévennec en 913 lors des invasions vikings ou sur celle qui embrase encore notre monde en de multiples lieux. Antoine Juliens a travaillé sur la similitude entre les deux cités, Jérusalem et Landévennec. Que ce soit par errements des déracinés, par exactions sur les fragilisés, par exils dus aux tyrannies, depuis que le monde est monde et fut confié aux mains de l’homme, jamais le théâtre de l’iniquité, de l’effroi, ne l’a quitté.

 

  • Avec REQUIEM POUR SAMUEL en 2014

 

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♦ Création d’un oratorio théâtral d’après Samuel Beckett & Saint Jean

Livret, Mise en scène d’Antoine Juliens

L’amour toujours recommencé. « Il me semble que, dans ce rapprochement improbable de Beckett et de Jean l’Évangéliste, se joue le mystère de toute parole humaine, dans son assomption comme dans son désastre : la parole, comme indice de notre fragilité et l’Histoire en témoigne ; la parole, comme signe de l’Espérance et la Vie en témoigne. Nous voilà au cœur et au creux du sujet. C’est l’enjeu de la liberté et le secret du silence, tout comme, en définitive, le secret de la liberté et l’enjeu du silence. Dans cette ouverture et ce retournement – ce chiasme, à nouveau –, l’irruption du seul salut qui vaille : l’amour. Saisi dans son essence, par l’un ; désagrégé par la trahison, pour l’autre. Que dire ? Samuel, en hébreu, signifie :  » son nom [est] Dieu « . Que ceux y croient et ceux qui n’y croient pas s’accordent pour que l’homme soit homme pour tous. En soutenant cet Oratorio théâtral qui concilie des œuvres de natures si profondément différentes dans leur inspiration, la Sofia ne soutient pas seulement un acte de représentation tout à fait inédit, une création pour le moins singulière, mais aussi, bien entendu, l’aspiration de tous les grands textes qui visent à accroître la présence au monde, à inventer un passage de la conscience entre les cultures. La Sofia se réjouit qu’Antoine Juliens ait trouvé un lieu et un accueil si favorables pour tisser les messages de l’Homme sous les étoiles. » Christian Roblin, Directeur de la SOFIA (soutient Verbe Sacré, grâce au « quart copie privée »).

♦ du jeudi 11 au samedi 13 septembre

♦ samedi 13 septembre à l’abbaye St Guénolé – Table ronde « Du Verbe de Jean et du Silence chez Beckett », menée par Marie-Josette Le Han

Hieronymus Bosch - Le Couronnement d’épinesHieronymus Bosch – Le Couronnement d’épines

Avec :

Isabelle Maudet, Ormiach – Georges Salmon, Mahood – Gil Geisweiller, Abbie – Antoine Juliens, Yotam

Costumes : Laurence Chapellier – Régie : Basile Montagne

PHOTOS ALAIN MARIE 2014 REQUIEM POUR SAMUEL

http://alainmarie2.piwigo.com/index?/category/2421-verbe_sacre

 

  • Avec SANTA en 2015

Morlaix, Brest, Quimper et Landévennec

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Antoine Juliens, en cet Oratorio « Verbe Sacré » 2015, montre que d’une Civilisation moribonde, des épreuves ou de la folie des hommes, on ne se sauve que vers le haut : « tout ce qui monte converge » (Teilhard). Sa mise en scène d’un drame qui conjugue le mortel et la soif d’Eternité, l’idéal et les absurdités est aussi audacieuse que son texte où s’expriment des personnages pour le moins contrastés. Teresa monte, coûte que coûte vers le château mystique, jusqu’à cette « septième demeure » où l’Amante et l’Aimé seront en repos cœur à cœur. En route, dans sa « folie » vers l’Amour absolu, inlassablement elle lutte pour implanter ses ermitages. Voici qu’elle croise un hidalgo, « chevalier à triste figure » : Alonso Quijote, affublé d’un écuyer balourd, hébété. Leur périple diverge.

La scénographie nous tient en haleine, entre cris et silences, agitation et attentes. De surcroît, un cadre exceptionnel favorise le jeu des contrastes. La mer est à nos pieds, et toute l’Histoire revit. À Landévennec, au bout du monde, les ruines millénaires de l’abbaye incendiée répercutent un jeu détonant jusqu’au burlesque : le « chevalier errant », aussi loufoque que son valet, rêve d’un « fol Amour » proche d’une mystique. Teresa comme Quijote incarnent des « cris » d’Amour vers l’Invisible : Dulcinea pour l’un, l’Epoux divin pour l’intrépide Carmélite.

Antoine Juliens ne donne pas dans le sentimental ou le moral. Riche de rares talents, il  décrypte l’Histoire, souvent au souffle d’Anniversaires : à Notre-Dame, la Conversion de Claudel, à Landévennec, l’Incendie de l’abbaye « 913-2013 », à Virton, en frontière belge, « 1914-2014 » : Oratorio pour la Paix… Bientôt, le centenaire de Mirbeau ! L’absurde, la violence, la folie ou le fanatisme, parmi ces intolérables tempêtes,  l’auteur poursuit héroïquement la lutte, avec sa petite troupe. L’Histoire multiplie les années noires et cruelles. C’est pourquoi sont vitales ces forces de l’Esprit : on sent vibrer dans ces drames la « petite Espérance » d’un Péguy, un  « Verbe » Créateur et  « Sacré ». Michel Brethenoux, Caen, 14/04/2016  

PHOTOS ALAIN MARIE 2015 SANTA

http://alainmarie2.piwigo.com/index?/category/3292-verbe_sacre_repetition 

http://alainmarie2.piwigo.com/index?/category/3296-verbe_sacre

 

  • Avec LA NEF DES FOUS en 2016

Oratorio théâtral • livret et mise en scène de Antoine Juliens

Création d’après le livre de Job et les œuvres de Nikolaï Vassilievitch Gogol

 » Amis, ne soyez des âmes mortes mais des âmes vivantes  » 

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« Cet oratorio théâtral constitue un véritable « Jeu de l’homme devant Dieu » pour reprendre une expression de Patrice de la Tour du Pin, dans la mesure où s’y incarnent les différentes attitudes possibles face au divin : l’oubli, l’agnosticisme, le refus, le marchandage, le défi, mais surtout le désir inextinguible et torturant incarné par Iyof. Celui-ci se lamente sur sa solitude face à Dieu et parmi les hommes : « Mon cri vers le haut est objet de raillerie ! ». Mais c’est ce cri vers le haut, cette aspiration passionnée au sens  et à la transcendance, ce cri de confiance et d’espérance « malgré la nuit » que traduit tout le texte et qu’incarnera le spectacle, conformément à la vocation de Verbe Sacré. » Marie-Josette le Han, Professeur de Lettres modernes à l’Université de Brest

Avec : Isabelle Maudet, Tchitchikof • William Mingau-Darlin, Iyof • Georges Salmon, Khlestakof • Antoine Juliens, Éliphaz

Création des costumes & éléments scénographiques : Laurence Chapellier

Régie & accessoires : Basile Montagne

  • Représentations « La Nef des Fous » / Cloître de l’ancienne abbaye
  • Table ronde « De Sagesse et de Folie, d’Art et de Beauté, du cri de Job aux veilles de l’âme russe »

Intervenants : Marie-Josette le Han • Yvon Tranvouez • Christian Roblin • Gilles Baudry • Michel Brethenoux • Équipe de Verbe Sacré / Auditorium de la nouvelle Abbaye

 

  • TROMENIE DU SOLEIL en 2017  
« Il existe des milliers de lacs dans lesquels le soleil se mire en entier. Chacun, noir ou blanc de peau, y contemple la même lumière, sans que le moindre rayon en soit altéré. Or, la couleur de l’eau est différente en chaque endroit, comme celle du ciel qui s’y reflète… »

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Oratorio théâtral d’après François d’AssiseDante Alighieri •  Alain Absire  

Livret et mise en scène de Antoine Juliens

Thème, intrigue et lieux
Ce nouvel oratorio d’Antoine Juliens, plus encore que les précédents est innovant. D’abord par ce titre exotique, dépaysant, de « troménie », ensuite par la projection intermittente, en cours de jeu, de tableaux originaux, vifs et multicolores de l’auteur lui-même : ils se meuvent en longueur sur les granits, vestiges du chœur antique, les font revivre et nous ouvrent par-delà l’Histoire, à l’immensité. Enfin, cette thématique de l’entrecroisement, certes poétique, n’a rien de fictif. Amour et Politique ! Dans sa dualité ce drame est toujours d’actualité. Deux fils constituent donc la trame du texte et de son « jeu ». D’abord, Dante et Béatrice incarnent la fascination de l’Amour, dans son mystère et son désir d’Absolu. Puis l’étonnant face à face entre François d’Assise et le Sultan musulman nous ramène à la Cinquième Croisade [1217-1221]. La rencontre fut réelle en Egypte, en 1219, après la prise de Damiette par les Croisés. Fanatisme et meurtres guerriers, dits « terroristes », vont-ils perdurer ? L’Amour, ici-bas, ne serait-il jamais qu’un rêve douloureux, parfois ressuscité ?

Ainsi, depuis huit ans, vers mi-septembre – temps des récoltes, des vendanges – le travail exceptionnel d’une équipe de passionnés porte ses fruits. Quatre acteurs, dont Isabelle Maudet, et quatre techniciens suffisent à Antoine, à son style toujours « sous tension », pour nourrir jusqu’en Bretagne profonde ceux qui viennent « communier » en ce « Verbe Sacré ». Cette année, l’étonnante « troménie du Soleil » nous a réellement fait cheminer vers la Lumière intérieure. Est-il excessif de dire que le Soleil, englobé dans la nuit par la voûte céleste, s’est intériorisé ? Qui vit cet Oratorio n’est plus banal vacancier venu pour – ou par – distraction. Antoine aurait-il restauré la vénérable tradition des « mistères » ?

Le texte, et surtout la scénographie de l’Oratorio sont des tremplins, moins pour les rêves que pour l’Amour. Dépassant un imaginaire médiéval, Antoine suggère des transpositions : du plus obscur, du tréfonds de l’espace on perçoit comme des cris, des hurlements de prisonniers ou damnés… Mais il n’y a pas contradiction avec les sondages actuels des physiciens: ils attestent l’existence d’ondes gravitationnelles actives, de plus de 100 millions de « trous noirs » dans notre seule Voie Lactée. Et l’univers accélère son expansion, grâce à cette mystérieuse et omniprésente « énergie noire » que n’atteint pas le télescope. Si l’Oratorio d’Antoine s’implique à la fois dans le Temps et l’Espace – il ne se réduit pas à un genre poétique, ni même liturgique. « Verbe Sacré » offre un « appel  » d’air… ou plutôt de l’Esprit. Il mobilise toutes les énergies – en nous et hors de nous – comme pour vérifier ce paradoxe : « l’essentiel est invisible pour les yeux ». Par-delà les plans historiques ou politiques, il nous fait vivre en transcendance. Tout le vécu individuel ou de l’Histoire s’oriente vers une sacralisation. Loin de nier l’Evolution, il en souligne le sens.

 

LES PIERRES DE SUBIACO en 2018

Oratorio théâtral • livret & mise en scène de Antoine Juliens
d’après Benoît de Nursie · Novalis · Gilles Baudry

avec : Isabelle Maudet, Placide – Friedrich • Georges Salmon, Florentius – Mathurin • Antoine Juliens, Benoît – Pierre, …

Création des costumes & éléments scénographiques : Laurence Chapellier
Régie & accessoires : Basile Montagne • Captation : Pascal Faure

Réalisation du prologue Obsculta O Fili : Isabelle Maudet, Laurence Chapellier, Basile Montagne, Pascal Faure, Bastien Montagne

Là où il n’y a plus de dieux, règnent les spectres écrit Novalis, qui rappelle l’oubli du chemin mystérieux qui va vers l’intérieur : « C’est intérieurement que va le chemin mystérieux. En nous, ou nulle part, sont l’éternité et ses mondes, l’avenir et le passé. Le monde extérieur est l’univers des ombres, qui projette ses ombres dans le royaume de la lumière. Si tout ce qui nous est intérieur nous apparaît aujourd’hui tellement obscur, solitaire et informe, combien en sera-t-il autrement quand cet obscurcissement sera derrière nous, et rejeté ce corps d’ombre ! Nous serons satisfaits de jouissances comme jamais, car notre esprit a souffert privation. »

Jean-Michel Grimaud, abbé de Landévennec, écrit lors (conférence à Saint-Philibert de Grand-Lieu en 2014) : Claude Geffré, théologien des religions, reconnaît une forte parenté entre les écrits de sagesse du livre des Proverbes et la sagesse chinoise. Il y voit un lieu de dialogue possible entre cultures et traditions spirituelles différentes… À l’heure où un certain nombre de personnes vont chercher du côté d’autres cultures des écrits de sage qui puisse les aider à mener leur vie humaine, il importe de ne pas oublier notre propre patrimoine où se trouve souvent ce que l’on pourrait être tenté d’aller chercher ailleurs ! Il nous appartient donc de faire vivre ce patrimoine et de le partager. La découverte de la Règle de saint-Benoît est l’un de ces chemins… On pourrait dire que pour saint Benoît, la grande question spirituelle n’est pas « y-a-t-il une vie éternelle ? » mais déjà « y-a-t-il une vie humaine possible sur terre ? ». Ne pose-t-il pas dès le prologue cette question fondamentale, comme impulsion décisive de l’engagement dans la vie monastique : « Quel est l’homme qui veut la vie et désire voir des jours heureux ?… Obsculta, o fili, praecepta magistri et inclina aurem cordis tui ». « Écoute, fils le précepte du Maitre et incline l’oreille de ton cœur ».

Armel Guerne, en son introduction Novalis ou la vocation d’éternité écrit à son tour : « L’intelligence est une fleur qui s’ouvre ou se ferme, comme le cœur. Et l’œuvre de Novalis est faite pour ouvrir, vraiment ouvrir, sans effraction ; elle a les clefs. Et le monde est en train de crever faute d’air et de ciel, pris de claustrophobie au fond des cachots où il se trouve emprisonné derrière tant de serrures intellectuelles. Tout expliquer, tout savoir, tout réduire à la dimension de ce que l’homme tient dans sa tête, et se figurer sans autre examen que le mystère recule uniquement parce qu’on voit où la science s’avance, – quelle inertie, quelle paresse ! Comprendre est une autre affaire, oui, connaître est une autre chose, et qui réclame un perpétuel effort du fond de l’être en son péril, un risque qui ne concerne que soi. Car le fait est qu’on croit savoir, dans la mesure exactement où l’on ne sait plus croire. Aimer. Penser. Être. Suivre et se suivre. Aller vers. Avancer et s’avancer… Pouvons-nous, avons-nous, reste-t-il un moment encore qui nous permette de choisir entre le bruit du diable et le silence de Dieu ? Il ne reste – et qui sait si même nous avons toujours le temps de nous le dire ? – il ne reste vraiment plus que la poésie encore qui puisse ouvrir aux autres mondes les portes de ce monde.»

 

* les livrets  “ Verbe Sacré  (éditions 2010 – 2011 – 2012 – 2013 – 2014 – 2015 – 2016 – 2017 – 2018) sont édités par

 

VERBE SACRÉ depuis sa fondation

 

par Michel Brethenoux

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